Confessions d'un énième connard

29 nov. 2008

6/ Le Dernier Panda

              En regardant la télé, je pense à un baba. Rien à voir avec le gâteau, même si pour certains c'est aussi une partie de plaisir. Pour le genre de baba auquel je pense, on prend un bel étron bien dense qu'on fait entrer je ne sais pas comment dans un préservatif déployé. On le met ensuite au congélateur jusqu'à ce que ça fige. Et après, on s'en sert de gode michet, tout simplement. On peut toujours découvrir plus sordide que son quotidien. On peut toujours repousser plus loin son niveau de tolérance. Je regarde Kelly à la télé et je pense à ça. Je me demande combien  de gens ont dut essayer ce truc. Le genre de pratique qui ne s'adresse qu'à 20 personnes sur terre mais dont tout le monde parle. Je ne sais même plus comment j'en ai entendu parlé. 20 personnes devenues célèbres grâces à ça, comme des icônes du sexe glauque, des mythes vivants, des légendes urbaines, prônant les pratiques sexuelles les plus crades. Des Jackass du sexe. Vous en avez forcement entendu parlé. La femme fontaine, ou celle qui mange sa propre merde dans une tasse, ou encore celle qui sait faire le Ping-Pong show. À chaque fois, plus une performance artistique qu'un simple coup à tirer. Je regarde Kelly et je pense aussi à des soapers. Des bout de pains mis dans les cuvettes des urinoirs publics et qu'on récupère ensuite pour satisfaire un appétit particulier. Je pense à tout ça. Comment je peux me souvenir d'autant de trucs dégueulasse. Je pense à tout ça en regardant Kelly qui se fait pisser dans la bouche par deux mecs tout en se barattant l'entrejambe à une main. On repousse toujours plus loin son niveau de tolérance.

Je suis là, affalé sur mon canapé, les bras en croix, une télécommande à peine évadée de ma main droite, et une serviette dans l'autre. Je suis en train de regarder Kelly. Kelly à Rome, Kelly à Paris, Kelly avec Rocco. Cette fille est dingue! Un sourire d'ange, une blondeur lumineuse et des seins énormes, aussi gros que ceux que dieux aurais choisis. Dans le domaine du porno, cette fille est ce qu'on pourrait appeler une bonne cliente. Film tourné à l'arrache dans une voiture au milieu de la circulation, et elle montre son cul et ses seins à tout les coins de rues. Si les passants sont tous complices, ce film coûte plus cher qu'un Péplum. Sur le canapé les bras en croix, la lumière de l'image de Kelly sur moi, j'essaie de ne penser à rien. Mais impossible. Je me demande ce qui à pu la rendre comme ça. Qu'est ce qui à pu la mener à ça? Personne n'apprend à ses enfants a devenir un parfait petit queutais ou une parfaite petite salope. Ou dites-moi que ces gens là ont tous fini en prison. Un car de sportifs à la sorti de l'aéroport et elle s'en va y prendre par la main deux gars au hasard, avec leurs visages floutés, pour les sucer entre deux voitures dans le parking. Elle repousse à chaque fois plus loin mon niveau de tolérance.

J'ai passé des mois sur un canapé comme celui-ci. J'y ai beaucoup réfléchis. J'y ai vu et revu beaucoup de choses de ma vie. J'y ai revécu en souvenir toute mon enfance. J'y ai appris le respect de moi-même et le pardon aux autres. J'y ai surtout appris les mécanismes du corps et de la psyché humaine. La vérité, c’est que les comportements humains se listent par catégories dans des livres vendus partout . Ce canapé était devenu comme ma mémoire. Je m'y suis tellement épanché qu'il en était tout imbibé. J'y ai pris aussi beaucoup d'engagements: L'engagement de maigrir, l'engagement d'un jeûne sexuel très stricte, qui n'a duré que 4 mois. ça aide à y voir plus clair en soi. Entre le mois de décembre 2004 ou j'y ai pris mes quartiers et le mois de Novembre 2005 ou j'ai quitté mon appartement, J'y ai revécu absolument toute ma vie. À croire que ça m'a changé. Maintenant, le sexe tout seul n'est plus que mécanique. Je me fais éjaculer comme d'autre vont se faire vomir: d'un geste habile de mes doigts, je fais sortir la bile de l'estomac de mes couilles. Ce truc qui rend acides toutes mes pensées. Et le porno aide à ça. Alors après, j'en profite pour visiter le monde du X. Et leur règle est simple: toujours plus fort, plus crade et plus violent. Pour garder l'audimat, on repousse toujours plus loin les niveaux de tolérance.

Ce soir, j'ai même pas envie. Comme parfois. Le film est bien plus intéressant à analyser. Le porno, c'est comme un film de genre. Le même style de fonctionnement qu'un film d'horreur Une pénétration toute les 15 minutes, mais là c'est pas avec des armes blanches. Et le scénario... quoi? quel scénario? Le porno, c'est aussi une vision du monde particulière, des situations impossibles, des positions infaisables, le culte de la performance, comme un match à gagner, et des personnages plus monstrueux que fantasmatiques. Des mecs body buildés comme des minotaurs, et des filles toutes siliconées. Et si elle ne le sont pas, ce n'est qu'une histoire de temps ou qu'elle sont pourvus naturellement, comme Kelly. Tous uniformisés. Les mêmes corps, les mêmes positions, les mêmes gestes, les mêmes attitudes. Tout deviens tellement habituel. Alors on va chercher plus loin, plus original, plus fort, plus transgressif. Après un gang bang d'une vingtaine de mecs sur une seule fille, rajouter des mecs n'a aucun intérêt. La surenchère devient alors plus immorale. Du caca, du pipi, visiblement, c'est ce qui fait vendre. Des simulations de viols aussi. Après avoir visité tout ça, je me dit que même la position la plus dégradante que j'ai déjà pu tenté avec mes copines ne vaut rien face à ça. ça me permet de relativiser sur ma vie, finalement. Kelly qui suce des inconnus dans la rue ou qui se fais mettre des doigts par des touristes devant le colisée, et je trouve que ma vie est bien calme. Et c'est pas plus mal.

Tout ça pousse à en demander plus. Il faut du frisson pour y arriver. Pour bander plus fort, faut faire battre le cœur plus vite! Et visiblement, on ne penses plus aux sentiments pour ça. Quel est ton fantasme? Combien il t'en reste à réaliser? Aujourd'hui, c'est strip tease, demain, j'ai prévu une partouze... Là ou nos aïeux se formalisaient pour un genoux découvert, on ne se choc même plus pour un ami qui vous raconte son plan à trois durant le weekend, alors un sein qui s'égare hors d'un décolleté à la télé, tout le monde s'en fout. Tout remonte d'un cran à chaque fois. On repousse toujours plus loin son niveau de tolérance. La position de papa-maman ne fait plus bander personne. Nous tous partis pour assumer nos perversions parce que c'est normale. Et ceux qui ont des réticences sont des rétrogrades. S'envoyer en l'air, on a le droit, tout le monde le fait. Uniformisation. Le sexe comme une valeur de ta santé mentale. Une frigide devient moins fréquentable qu'une salope. Même si on ne se la fera pas, pour un diner on se dit qu'on va plus s'amuser avec elle qu'avec la coincée. On nous pousse à ça. Il n'y a pas d'autre solution, visiblement, que de le faire. La masturbation n'est plus sale, elle est normale, ton corps change. Pour ma part, je la trouvais beaucoup plus excitante quand elle était encore tabou. Mais c'est la société ou c'est l'age qui me fais penser ça? Je suis là, les bras en croix. La serviette ne servira pas, c'est sur.

J'ai pas envie. J'ai plus envie. Faire parti de ce mouvement pour assumer son corps parce que c'est naturel, faire parti de tous ces gens c'est pour moi aussi plaisant que ceux qui baisent encore ensemble, maris et femmes, alors qu'ils ne s'aiment plus. ça me donne envie de vomir. Je pense à tout ces gens qui vendent le sexe comme un exutoire, un passeport pour la normalité. Les docteurs, les porno stars,  la pub, les peoples, les infos presque. Raz le bol de ce bien-être sensuel bien-pensant et préconçu. J'ai l'impression qu'on à justifié le sexe pour éviter de se justifier d'être avec quelqu'un. Je suis humain parce que je tire un coup, parce que je suis en couple. Moi, me tirer sur la tige, je n'aime plus ça, mais je le fais parce que j'arrive plus à aimer. Ce n'est plus mon cœur qui irrigue ma bite. Ya plus grand chose d'ailleurs qui l'irrigue. Un symbole sexuel devenu simplement un déversoir aux déchets de mon corps. Le moteur de mon érotisme réduit à être un vide ordure, elle ne me sert quasiment plus qu'a pisser. Je ne veux plus être de ce phénomène de masse ou tous ces gens, seuls ou à plusieurs, envisagent le cul comme une forme de socialisation. Qui se rassurent parce qu'ils sont avec quelqu'un. Un besoin tordu d'être bien. Moi, je suis célibataire, mais pas parce que je l'ai choisis, ni parce que j'ai besoin d'encore un peu de temps. Je ne vous sortirais pas le couplet de la vie maitrisée et parfaite ainsi. Non. J'ai juste pas envie de me mettre avec quelqu'un que j'aimerais simplement « bien ». Il me faut plus que ça. Plus que des « raisons » pour me mettre en couple. J'ai repoussé mon seuil de tolérance.

Mais dites-moi depuis quand s'envoyer en l'air est la preuve que la vie vaut d'être vécue. Plus rien à foutre. J'ai plus envie de baiser. Et je ne craque pas. Face à tout ça, je ne me force plus pour résister. Je n'ai juste plus envie. J'ai repoussé plus loin mon niveau de tolérance. Plus envie de participer à ce mode de penser.

Je suis le dernier Panda. Celui qui refuse de baiser pour participer à sauver son espèce.


Posté par Kali Sempai à 01:06 - Commentaires [1] - Permalien [#]